Chronique thématique 5

Voici la nouvelle chronique thématique de Serge Bertin du mois de février, qui fait suite à la précédente sur la réglementation du prix de vente des livres neufs.

Les chroniques thématiques précédentes sont archivées dans l’Espace membre. Vous les découvrirez en suivant ce lien. Bonne lecture!

Consultation parlementaire sur :

« La réglementation du prix de vente au public des livres neufs imprimés et numériques »

Suite

 

Bonjour à tous et à toutes mes fidèles lecteurs et lectrices,

 

C’est avec grand plaisir que je vous livre cette cinquième chronique thématique qui rend compte, comme la précédente, de l’évolution du dossier de prix unique du livre au Québec depuis l’automne dernier.  Au moment de mettre cette chronique en ligne (fin février), le gouvernement n’avait toujours pas présenté de projet de loi sur le sujet.

Reprenons cette saga au moment où des auteures connues et appréciées comme Marie Laberge et Arlette Cousture décident, à la fin d’octobre dernier, de privilégier le format numérique pour leurs plus récents ouvrages.  Cette décision a entraîné de nombreuses réactions qui ont toutes des liens plus ou moins directs avec la politique du prix unique du livre tant attendue.  Citons trois articles qui traitent de cette question.

Celui de La Presse, « Romans numériques vendus sur internet : écosystème en péril? », celui du journal Le Devoir, « Virage numérique : l’Union des écrivains et Arlette Cousture réagissent », et celui du site français ActuaLitté qui propose une synthèse intéressante de la problématique, « Québec : la trahison de romancières à coups de livres numériques ».

C’est ensuite au tour des libraires indépendants d’interpeller le gouvernement pour exiger une réglementation du prix du livre dans cet article de Radio-Canada intitulé « Pour survivre, les libraires indépendants réclament une réglementation du prix ».,ainsi que par l’entremise de cet autre article du site AcuaLitté, « Sauvons les livres : une véritable urgence au Québec ».

Début novembre, un certain nombre d’éditeurs regroupés dans un mouvement baptisé Coalition Sauvons les livres font connaître à leur tour leurs revendications en manifestant pendant le Salon du livre de Montréal.  Un article du journal Le Devoir en rend compte : « Les éditeurs réclament une réglementation sur le prix du livre ».

La Coalition explique sa position dans un communiqué qui a pour titre : « Pauline Marois doit défendre l’identité culturelle québécoise ».

On aborde ensuite le rôle controversé des magasins à grande surface comme Cotsco quant au prix des livres dans cet article du site ActuaLitté, « Les grandes surfaces dicteront-elles les livres à lire au Québec? »

Plus tard en novembre, le même site revient sur la question en abordant certains aspects plus techniques de la problématique, comme les changements contractuels entre auteur et éditeur et les nouveaux modes de fonctionnement avec les librairies : « Québec : un roman vendu en feuilleton numérique avant le papier ».

Daniel Lemay, dans un article de La Presse du 22 novembre, fait état d’un document récemment remis au gouvernement qui contient 12 recommandations pour aider les librairies indépendantes, notamment, soumettre les bibliothèques universitaires à la Loi 51 qui oblige les institutions à s’approvisionner dans les librairies agréées : « Sauvons les livres : sauvons les meubles! »

Fin novembre, c’est au tour de Sylvie Potvin et de Réjean Savard, professeurs à l’EBSI, d’aborder la question, dans un article de La Presse, sous trois aspects particuliers, à savoir l’analphabétisme, l’importance grandissante du numérique et l’importance des bibliothèques scolaires et publiques : « Beaucoup de chemin à faire ».

Le 2 décembre dernier, le ministre de la Culture et des Communications Maka Kotto annonce finalement que le gouvernement québécois déposera, début 2014, un projet de loi limitant à 10 % le rabais sur les nouveautés autant imprimées que numériques pendant 9 mois. De plus, le projet de loi sera réévalué après trois ans d’application. Le ministre annonçait également des mesures à venir pour aider les libraires indépendantes. Voici tout d’abord deux articles qui font état de la nouvelle, celui de Radio-Canada, intitulé « Prix du livre : Québec veut limiter les rabais à 10 % », et celui du journal Le Devoir, « Prix du livre : des rabais limités à 10 % pendant neuf mois ».

La position gouvernementale est expliquée dans un communiqué titré « Prix de vente des livres neufs imprimés et numériques, Maka Kotto veut protéger l’identité et la culture québécoises ».

La Table de concertation du livre, qui regroupe toutes les organisations de la chaîne du livre, fait part de sa réaction dans un autre communiqué : « La Table de concertation du livre salue l’annonce du ministre Maka Kotto – Québec rédigera un projet de loi sur le prix réglementé du livre ».

Bien sûr, cette annonce a provoqué d’autres réactions, comme celle parue dans le journal Voir : « Et on sauvera les livres : Maka Kotto souhaite limiter à 10 % le rabais sur les nouveautés pendant neuf mois ».

Citons aussi l’article du journal Le Devoir qui fait état de diverses réactions à la suite de l’annonce gouvernementale : « Un prix du livre réglementé sous surveillance ».

Le chroniqueur économique de Radio-Canada Gérard Fillion se demande, quant à lui, si ce projet de loi n’arrive pas un peu tard : « Livre : une politique qui arrive tard… »

D’autant plus que, selon un article du journal Le Devoir du 4 décembre dernier, il n’est même pas certain que les partis d’opposition acceptent le dépôt du projet de loi à la reprise des travaux parlementaires au début de l’année 2014 : « Prix du livre : le projet de loi serait compromis ».

Pendant ce temps, Pierre Foglia fait l’éloge des librairies indépendantes, et surtout des libraires en parlant de la politique gouvernementale annoncée, dans une grande partie de sa chronique du 9 décembre dernier, à sa manière unique et iconoclaste : « Rideau de douche ».

Ensuite, on apprend, dans un article de La Presse du 9 décembre dernier intitulé « Prix unique du livre : Amazon veut faire reculer Kotto », que le géant états-unien Amazon vient de s’inscrire au registre des lobbyistes de façon à s’opposer à la politique gouvernementale sur le prix du livre.  On se rappellera que le projet de loi prévoit inclure les ventes de livres conclues au Québec avec cette multinationale.

Voici un autre éclairage avec cet article du journal Le Devoir publié ce même jour et sur le même sujet : « Prix du livre neuf – Amazon s’invite dans la discussion »

Ces interrogations incitent le toujours intéressant site ActuaLitté à s’interroger sur une autre question reliée à la problématique : « Redonner le goût des livres aux jeunes, l’autre pan de la régulation ».

C’est au tour du chroniqueur David Desjardins, dans un article du journal Le Devoir du 11 janvier dernier intitulé « Bricoler du sens », de revenir sur le dossier en insistant à nouveau sur l’idée que le livre n’est pas un objet de consommation comme un autre.  «Sauf que je ne vois aucune raison de ne pas au moins essayer. Si, après les 36 mois d’essai proposés par Maka Kotto, rien n’a changé, on avisera. Mais j’aime l’idée de la bibliodiversité. Que le petit libraire est un rouage essentiel dans la transmission de la culture qui mérite d’être défendu.»

Signalons pour terminer que, le 20 février dernier, Québec Solidaire, par la voix de Françoise David, déplorait, par voie de communiqué, le fait que le gouvernement n’ait pas déposé de projet de loi avant la fin de la session et le déclenchement probable d’élections générales : « Le projet de loi sur le prix du livre neuf se fait toujours attendre – Échec à Maka Kotto et au gouvernement ».

Donc, comme on peut le constater, le gouvernement issu des prochaines élections, quel qu’il soit, devra donner suite à ce dossier d’une manière ou d’une autre et nous aurons très certainement l’occasion de revenir nous aussi sur le sujet!

 

 

 

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