Info-Documentation Septembre 2018 + lauréate du prix Manon-Bourget volet professionnel 2018

Notre numéro trimestriel de l’Info-documentation  Septembre 2018 vient tout juste de sortir! Nous vous donnons l’occasion de lire les articles concernant les lauréates du prix Manon-Bourget 2018.

Bonne lecture!

Lauréates Prix Manon-Bourget 2018

 

Prix Manon-Bourget – Volet professionnel
Claire Jacques
par Christian Fortin

 

Laissez-moi vous présenter notre lauréate de la cuvée 2018 pour le volet professionnel, Mme Claire Jacques, en vous dressant tout d’abord le portrait de sa carrière jusqu’à présent. Soulignons en débutant qu’elle a été diplômée du collège Garneau en 1983, soit durant une période où il s’avérait plus difficile de se trouver un emploi. Néanmoins, notre gagnante a su dénicher un remplacement de six mois en catalogage dans un milieu fort intéressant où elle travaille toujours, soit la bibliothèque de l’Assemblée nationale du Québec (ANQ).

Au fil des années, elle a su progresser jusqu’à un poste de professionnelle experte en situation de gestion, responsable du Service des acquisitions et du traitement documentaire, soit une équipe comprenant trois bibliotechniciens dans le secteur des acquisitions, six autres dans le secteur du catalogage, une auxiliaire de bureau et deux bibliothécaires.

 

 

Claire Jacques, lauréate, et Christian Fortin, comité prix Manon-Bourget

Pendant cette période, notre lauréate a eu l’occasion de réaliser plusieurs projets. Elle a entre autres assuré le déménagement d’environ 10 000 documents non catalogués par la bibliothèque en aussi peu que 3 mois. Notre gagnante a également été responsable du Comité permanent de catalogage du Réseau des bibliothèques gouvernementales du Québec (RIBG) et a veillé à coordonner l’implantation des nouvelles règles de catalogage (RDA) avec la participation de la Bibliothèque Cécile-Rouleau et du Réseau intégré des bibliothèques gouvernementales (RIBG). En somme, il s’agit d’une belle carrière dont Mme Jacques peut être fière et qui illustre tout ce qu’une technicienne en documentation peut accomplir, sur le plan tant des connaissances techniques que des habiletés professionnelles telles que la coordination d’une équipe de travail.

 

Christian Fortin, pour le comité du prix Manon-Bourget

 

Que signifie pour vous le fait d’avoir gagné le prix Manon-Bourget ?

 C. J. Je crois que la plus belle chose qui puisse arriver dans un cheminement professionnel, c’est d’être reconnu par ses pairs. C’est ma récompense pour tous les efforts que j’ai faits pendant ma carrière pour être là où je suis rendue. Avec le recul, je réalise l’ampleur de tout ce que j’ai pu accomplir à ce jour. Dans la vie, beaucoup de personnes sont sur notre chemin pour nous aider. On doit garder l’œil ouvert à tout ce qui nous entoure et c’est avec elles ou par elles qu’on réussit à avancer.

Plusieurs personnes ont gravité autour de moi et je veux les remercier. Sans les nommer, je suis certaine qu’elles se reconnaîtront. Je veux également remercier le conseil d’administration de l’Association professionnelle des techni-ciennes et techniciens en documentation du Québec de perpétuer la mémoire de Manon Bourget par l’entremise de ce prix.

 

Qu’est-ce qui vous a amenée au départ vers le domaine des techniques de la documentation ? Qu’est-ce qui vous motive maintenant à y demeurer ?

C. J.     Comme la plupart d’entre nous, j’aimais vraiment la lecture. J’avais de bonnes notes à l’école secondaire et le conseiller en orientation m’avait suggéré la formation de bibliothécaire et aussi celle en techniques de la documentation. J’ai regardé les deux programmes d’études ainsi que la finalité de chaque formation, c’est-à-dire, qu’est-ce que je ferais comme travail une fois le diplôme en poche. Je m’étais aussi informée pour savoir dans quel genre d’emploi je pouvais être engagée, car lorsque j’ai commencé ma formation, les emplois se faisaient rares et les finissants avaient un choix d’employeurs très variés en techniques de la documentation.

On pouvait travailler dans une librairie, dans un centre d’archives, dans les différents paliers de gouvernements en gestion documentaire ou dans des bibliothèques et même pour certaines entreprises privées. J’ai choisi cette technique à cause de la diversité d’emplois et aussi, ce qui est le plus important à mes yeux, c’était que j’étais dans la pratique concrète de la bibliothéconomie. J’avais vraiment les mains dedans, comme on dit !

Ce qui me motive à demeurer dans le domaine, eh bien, c’est mon expérience en catalogage. J’ai toujours aimé cette facette de mon métier, mais je n’y demeurerai pas encore bien longtemps, car je vais bientôt réorienter ma carrière. En effet, je deviendrai bientôt une nouvelle retraitée !

 

De quelle façon a évolué, selon vous, notre profession depuis que vous y travaillez ?

C. J. Disons que c’est presque le jour et la nuit! J’ai reçu mon diplôme il y a 35 ans et je n’en reviens pas encore que cela fasse si longtemps ! La profession a vraiment évolué depuis ce temps. Les professeurs ont su adapter les cours aux nouvelles technologies. Dans les années 1980, nous avions des cours de classement de fiches, des cours de dactylo pour pouvoir créer des fiches bibliographiques cartonnées pour ainsi les intégrer dans les fichiers de la bibliothèque.

Nous avions même des cours d’informatique que nous suivions avec les étudiants en techniques informatiques, où on nous demandait de créer des programmes en DOS ! L’horreur ! Les catalogues de bibliothèque n’étaient pas en ligne, car Internet n’existait même pas ! Pour dériver des notices bibliographiques, on devait s’abonner aux catalogues sur microfiches des bibliothèques nationales (BAC, BAnQ, LC et BNF) et on cherchait les notices à dériver dans ces microfiches.

Avec l’arrivée d’Internet, notre travail a changé et les informations sont devenues plus faciles à obtenir. Le monde et l’accès à l’information sont maintenant au bout de nos doigts. Je ne connais qu’une petite partie de notre domaine de la bibliothéconomie, car je me suis spécialisée au fil des ans dans le catalogage, et même ce dernier a beaucoup évolué avec l’arrivée des RDA. Dans les 35 dernières années, toutes les facettes de notre technique ont évolué.

 

Quels seraient, selon vous, nos points forts en tant que techniciennes et techniciens en documentation ? Quels seraient nos points à travailler ?

C. J. Je crois que les techniciennes et techniciens en documentation sont des gens affables qui veulent aider les gens à trouver facilement les informations dont ils ont besoin. Ils sont aussi organisés et possèdent la rigueur nécessaire pour offrir un service de qualité. Je ne vois pas vraiment ce qui pourrait être à améliorer du côté des techniciennes et des techniciennes, car je pense que le cégep offre une très bonne formation.

Par contre, je crois qu’on est maître de la qualité de son travail. On peut toujours améliorer sa prestation de travail et il est de notre responsabilité de le faire. À mon avis, on doit aussi être à l’affût des nouvelles pratiques de la bibliothéconomie, participer le plus souvent possible à de la formation continue et être proactif dans son champ de compétence.

 

Quels projets avez-vous pour l’avenir ?

C. J.      Comme mentionné précédemment, je partirai pour la retraite dans quelques mois. Je sais très bien que j’irai offrir mes services en tant que bénévole à la bibliothèque de ma municipalité, ça, c’est certain, car je ne cesserai pas d’aimer les livres et les bibliothèques. Pour le reste, je verrai où le vent me portera !

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